Perdre du temps… qu’est-ce que ça veut dire. Nous sommes constamment dans le faire. Une minute qui n’est pas passée à accomplir, à vivre ou à produire est une minute de perdue, gaspillée. Comme si les temps de rien, de vide, étaient à proscrire, vain gaspillage de cette ressource ci précieuse, de ces secondes qui s’écoulent inéluctablement entre nos doigts.
Il n’en a pas toujours été ainsi. C’est dans l’errance, le silence et l’ennui que sont nées les plus belles œuvres, les réflexions les plus profondes. Alors pourquoi la distraction permanente est devenue la norme ? L’humanité a goûté à la dopamine comme un addict à l’héroïne, et non seulement il ne sait pas aujourd’hui comment sortir de cet engrenage, mais il n’en a surtout simplement pas conscience.
Et me voilà donc dans le vide. Je ne fais rien, n’apprends rien, ne produit rien. J’effectue d’un lieu à un nôtre, sans but précis, sans objectif déterminé. Et que c’est inconfortable ! Mes mécanismes inconscients tentent en permanence de me ramener à eux, me martelant que je perds mon temps, que je devrai mieux « l’utiliser », en tirer profit, en profiter pour faire.
Mais c’est justement parce que c’est inconfortable je penses devoir rester là. Apprendre à basculer du faire à l’être. Revenir à moi. Tourner le regard vers l’intérieur. Pour l’instant je peine à y ouvrir les yeux. Mais cela viendra, car ce temps, d’aucun dirai perdu, fera silencieusement son œuvre.
Quand tu mets trop de choses dans ta vie, tu mets moins de vie dans ce que tu fais
« La vie sociale ne guérit pas le silence, elle le maquille. Et voici un secret que peu de gens osent admettre : la relation la plus dangereuse que vous puissiez entretenir est celle avec l’approbation des autres. Car si vous n’avez pas appris à tenir debout seul, chaque sourire, chaque applaudissement, chaque parole bienveillante devient une bouffée d’oxygène dont vous devenez dépendant. Vous développez une faim émotionnelle, insatiable, toujours en attente devient quelqu’un d’autre pour combler le vide que vous ne savez pas remplir vous-même. Et cette dépendance vous vole la seule chose qui vous appartient vraiment : votre liberté. »
« Chaque fois que vous vivez pour éviter le rejet, chaque fois que vous façonnez vos gestes et vos idées pour être accepté, vous éteignez peu à peu votre identité et vous le faites par peur d’un ennemi imaginaire, la solitude ».
« Mais voici la vérité : cette solitude qui semble d’abord être un bourreau est en réalité le seul maître capable de vous dévoiler qui vous êtes vraiment. Si vous parvenez à supporter son poids, elle vous offre ce qu’aucun public ne pourra jamais vous donne : l’authenticité. »
« Ceux qui ont appris à aimer leur propre compagnie cessent d’être vulnérables à l’abandon, cessent de craindre la réaction des autres, cessent d’avoir besoin. Ils deviennent si solides qu’ils s’ouvrent aux autres par choix et non par manque. Et cette nuance change radicalement la qualité de leurs relations. Ils ne se lient plus pour combler un vide, mais pour partager un trop-plein. La solitude est le filtre qui sépare les relations authentiques des relations illusoires. »
« La solitude est comme une chambre noire. Au début vous ne voyez rien, puis peu à peu vos yeux commencent à s’habituer, et vous commencez à discerner les formes cachées »
Nombre d’hommes passent leur vie à fuir ce qu’ils ne peuvent éviter. Ils fuient le silence en noyant leur journée de bruit. Ils fuient l’introspection en se jetant dans les distractions. Ils fuient leur propre reflet en cherchant la validation des autres.
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