e suis perdue. Dans ma tête, mes sentiments, mes pensées. Je sais où je vais, je sais que je pars, je sais que c’est le bon choix, je n’ai, assez étonnement d’ailleurs, aucun doute sur ce point. Mais je ne sais pas bien appréhender cette nouvelle réalité qui est en train de devenir la mienne depuis quelques jours.
Il y a désormais du vide dans ma vie. Moi qui vit toujours à mille à l’heure, qui croule toujours sous le travail, qui n’ai de cesse de cesse de répéter que je suis sous l’eau, que je suis épuisée, qui ai toujours un agenda plein sur des semaines à l’avance. Et bien justement depuis trois jours, mon agenda est vide. Littéralement, absolument, désespérément vide.
Et ce vide, je ne sais pas le gérer. Il m’angoisse. C’est comme si mon cerveau n’était pas en mesure de s’adapter à un tel changement de paradigme. Et qu’il s’était mis en erreur 404. Plus rien n’est fonctionnel. J’avais, il y a deux jours, trois choses à faire dans ma journée, qui au cumul ne devait pas représenter plus de 30 minutes. Envoyer un message, appeler une assurance, rédiger une recommandation. Je n’en ai fait aucun des trois. Je me suis sentie débordée toute la journée, dans un brouillard mental impénétrable, qui m’a maintenu dans un état de stress toute la journée. Alors que je n’avais littéralement que trois choses à faire.
J’étais dans le même état que lorsque j’essaie de caler l’équivalent de 2 jours de travail dans une journée de travail de 12 heures, que ma To-Do list déborde, et que je termine à 22h sans avoir ralenti le rythme et que je n’ai pourtant pas accompli la moitié de ce que je voulais faire. Alors que ma réalité actuelle n’a vraiment plus rien à voir avec cela, elle ne pourrait d’ailleurs pas en être plus éloignée. Mais mon état mental est resté le même.
D’une certaine façon, j’imagine que c’est normal. Je quitte un état de sollicitation permanente, d’épuisement, de dépassement constant des limites du raisonnable, pour un violent et radical retour au calme et au vide. Il y a forcément un temps de transition, mais que je n’avais pas anticipé.
Ce décalage entre le vécu et le ressenti m’est assez désagréable à vivre, j’ai l’impression d’avoir le tournis, de ne plus savoir réfléchir correctement, de ne plus savoir m’exprimer clairement, de ne plus être maître de ma réflexion.
Je sais que j’ai besoin de me poser, d’écrire, de faire le vide. Mais pour cela, j’ai besoin de ne plus être ici. En France, chez mon père, dans un environnement qui m’est beaucoup trop familier pour que mon esprit puisse réellement comprendre que la situation d’aujourd’hui n’est plus la même que celle d’hier.
Je ressens le besoin de me mettre en route, d’avancer vers la suite pour pouvoir en accepter la réalité. J’aimerai commencer ce voyage par une semaine de calme, installée quelque part en Italie, où je pourrais prendre le temps de me reposer, d’apprivoiser le vide et le silence, qui me sont devenus si étrangers qu’ils me font presque peur.
J’aimerais y prendre le temps de m’écrire une lettre ou de me filmer un vidéo, pour la moi d’après le voyage. Lui dire comment je me sens, ce que je penses que ce voyage m’apportera, avec quelles intentions je l’entame, ce que je souhaite à cette version de moi qui franchira le seuil de la porte au retour. J’aimerais aussi prendre le temps de poser à l’écrit toutes les questions qui me
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